
 
Cette jeune femme s’est tiré une balle
dans le cœur, elle a survécu mais restera gravement
handicapée. Contrairement à la photo précédente
nous ne sommes plus à Trois Sauts mais à Camopi.
Il y avait déjà eu à Camopi une épidémie
de suicide dans les années 1980 lors de l’arrivée
des garimpeiros et de videocassettes de série B apportées
par un gendarme.
Il est classique de dire que l’histoire tragique des Amérindiens
les amène parfois au suicide. Les situations sont diverses
en fait. L’incidence des suicides chez les Amérindiens
(Autochtones) est épidémiologiquement bien
documentée au Canada :
elle est globalement 5 fois supérieure
à la moyenne canadienne. Explications possibles :
déclassement, chomage, désoeuvrement (cf. Valenciennes
ou Liverpool).
20 fois supérieure à la moyenne
canadienne chez les Inuits. Explications possibles : différentiel
technique énorme et subi sans transition, passage en seulement
dix ans du nomadisme à la sédentarité et
aux motos-neige. Changement culturel, fossé culturel et
incompréhension réciproque sont au summum.
Par contre identique à la moyenne canadienne
chez les Indiens Cris de la Baie James. Explications possibles :
1. les Cris se sont battus à armes moins inégales
qu’autrefois
2. unis contre Hydro-Québec, cette période les a
soudés
3. ils ont vaincu à l’indienne, sans que personne
ne perde la face (Paix des Braves, 2002) 4. pour la première
fois leurs droits sur ces terres ont été affirmés
5. cette victoire en a fait les Autochtones les plus riches du
Canada, par conséquent ils ne sont plus tributaires des
revenus sociaux et subissent un mépris bien moindre que
les Autochtones pauvres comme leurs voisins Algonquins
au Brésil l’incidence
est maximale au Mato Grosso del Sul, région où le
front pionnier est le plus implacable car proche du Sud et du
cœur économique du pays. |
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